Musique

Bad Bunny, artiste qui fait l’actualité et pour cause : il est en tête d’affiche du Super Bowl qui s’est déroulé le 8 février 2026. C’est une reconnaissance historique pour sa culture, lui qui fait partie des artistes les plus écoutés au monde. Cela fait quelques années que je regarde le Super Bowl, et cette année est particulièrement intéressante car l’événement a été très critiqué.

 

Le Super Bowl est la finale du championnat de football américain (NFL). C’est l’événement sportif le plus suivi aux États-Unis et l’un des plus regardés au monde. Pendant ce match, la mi-temps n'est pas une simple pause pour les joueurs : elle accueille le "Halftime Show". C’est un concert de quelques minutes qui se déroule directement sur la pelouse. C'est un défi technique incroyable car la scène doit être montée et démontée en quelques minutes. Pour un artiste, c'est la consécration ultime, car ce show attire souvent plus de téléspectateurs que la rencontre sportive elle-même.

Bad Bunny, de son vrai nom Benito Antonio Martínez Ocasio, est né à San Juan, Porto Rico. Il grandit dans une famille modeste, entouré d’une générosité qui va marquer sa vie et sa carrière. La culture portoricaine a toujours fait partie de son quotidien (bachata, salsa …) et il s’intéresse dès son jeune âge au chant. Avec l’émergence du rap latino, sa passion grandit. Il compose en espagnol et attire le public par son attachement à son pays et aux situations critiques que traverse l'île. Il sort plusieurs albums qui cartonnent et font exploser ses statistiques sur Spotify. 

Après cette ascension, Benito fait une pause et revient en 2024 avec un nouvel album : DeBÍ TiRAR MáS FOToS.

Son mal du pays lui a permis de se reconnecter à ses racines ; cette distance avec son île lui a offert un regard neuf pour célébrer la culture portoricaine. Engagé, Benito a d'abord renoncé à une tournée aux États-Unis par peur des pressions du service d'immigration (ICE), sauf pour une date unique : le Super Bowl. Le 29 septembre 2025, la NFL annonce qu'il assurera le show de la mi-temps. C’est une première historique pour un artiste exclusivement hispanophone, mais cela ne plaît pas à tout le monde dont le président des États-Unis. Donald Trump affirme notamment n’avoir jamais entendu parler de lui et ne pas comprendre ce choix. Les médias critiquent aussi le fait qu’il faudra "apprendre l’espagnol" pour comprendre le spectacle. Sa présence fait polémique et le public s'attend à ce qu'il utilise cette plateforme pour véhiculer un message politique. Toujours tiraillé entre son statut de superstar mondiale et sa fidélité à ses valeurs, il transforme la scène en un hommage vibrant à son identité.

Le spectacle a été visuellement pensé pour refléter l'univers de son album, reprenant les couleurs et les éléments esthétiques qui lui sont chers. En invitant des célébrités américaines comme Alba sur scène, il crée un pont entre les cultures sans jamais sacrifier la sienne. Le moment le plus fort du show reste sa mise en scène personnelle : il se représente enfant, symbolisant son parcours et sa fierté. À travers cette image, il délivre un message d'espoir universel : si un enfant de Porto Rico a pu atteindre la scène du Super Bowl, chacun peut s'accrocher à ses rêves. Il oppose un discours d'unité aux critiques de rejet qui ont précédé l'événement, terminant sur cette phrase puissante : “The only thing that is more powerful than hate is love”. Une manière de prouver que l'art et l'identité sont plus forts que les barrières politiques.

Rahma Ben Sghaier