Hors cadre

Si la philosophie bouddhiste suppose qu’il est possible d’être détaché de toute chose, alors j’en suis le contraire. Choisir une œuvre dont je ne pourrais pas me passer voudrait dire que je peux me passer d’autres œuvres, or je ne suis point construite sur une seule et unique production artistique. Il serait difficile de me passer de plusieurs livres, de plusieurs films, de différents tableaux, de nombreuses chansons et musiques, de différents artistes et courant artistiques, et il serait difficile pour moi de définir un de ces arts comme plus important ou impactant. Je me permets de ne pas répondre à cette question, car elle crée en moi une peur de devoir renoncer à une multitude d’éléments qui me constitue intégralement. De même si on me demandait lequel de mes sens, entre la vue et l’ouïe, je préfèrerais garder au détriment de l’autre. Une œuvre se voit, s’entend, se lit, s’écoute, s’analyse, se ressent, aucun sens ni sentiment ne peut être mis à l’écart. C’est la même chose pour les œuvres artistiques que je chéri, je ne peux me passer de rien, car tout est important, tout est unique et tout à une résonance particulière et primordiale. Ainsi, je ne peux pas moins me passer de mon film préféré que de ma chanson préférée (et je n’arrive d’ailleurs pas à choisir une seule chanson préférée) que de ma peinture, ma poésie, ma sculpture préférée etc… De plus une œuvre en appelle toujours une autre, donc il est impossible de ne choisir qu’une seule œuvre. Pour tout de même tenter de donner une réponse, je dirai que je ne peux me passer de l’œuvre des Frères Lumière qui ont inventé le cinéma au début du XXe siècle, je ne peux me passer des artistes de la grotte de Lascaux ayant produit les premiers dessins de l’humanité, je ne peux pas non plus me passer du travail d’Homère ouvrant la voie aux récits mythologiques et fantastiques, ni me passer des artisans antiques qui créaient des bijoux et tissus merveilleux pour cultiver la beauté des femmes. Bref je ne peux me passer de ces œuvres d’arts qui ont insufflées un vent de créativité et de beauté éternel pouvant survivre à l’Histoire et au Temps. 

Exercice « écriture en vitesse », texte rédigé en 20 min. 

Margaux CHABRIER - 20/10/2026