Hors cadre

Ce 1er octobre 2026, la marque de haute couture Schiaparelli a présenté sa collection de prêt-à-porter « Going Clear » printemps/été 2027 à la Paris Fashion Week. Durant ce défilé, 3 looks ont retenu l’attention du public, les numéros 46, 48 et 51, de par leur ressemblance au Karakou, une tenue traditionnelle algérienne.


Le Karakou, originaire d’Alger, est reconnu pour sa veste structurée en velours, à sa fetla, du fil d’or brodé, et à son sarouel, un pantalon large qui accompagne la veste. 
Si certains ont tout simplement apprécié le défilé, d’autres n’ont pu s’empêcher de faire un rapprochement entre les derniers looks et la tenue algérienne. Une question revient alors: Est-ce une simple coïncidence ou bien une appropriation culturelle d’une tenue algérienne.

On voit l’avis de certains internautes concernant ce sujet. Suite au post publié par @archivedrunway le 12 octobre 2026 sur la plateforme de réseau social Instagram, on voit des commentaires revenir sur cette ressemblance. C’est le cas de @reviver.ss qui commente sous cette même publication « Beautiful but they should’ve mentioned the source of inspo 🇩🇿 » (jolie, mais ils auraient dû mentionner la source d’inspiration 🇩🇿 ». Ou encore le commentaire de @postalgerien « thanks Algeria for inspiration » (Merci l’Algérie pour l’inspiration).

Tandis que les avis divergent sur les réseaux sociaux, le directeur artistique de la maison, Daniel Roseberry explique s’être inspiré d’Elsa Schiaparelli. En effet, il indique que ces looks sont inspirés des archives de la marque, allant de 1937 à 1948. Il ne référence à aucun moment une inspiration algérienne.
Sauf que les créations d’Elsa Schiaparelli ne semblent pas être reprises entièrement. Lorsqu’on reprend le look 46 et son inspiration, on voit que les seuls éléments en commun sont le choix de couleur et de broderie. Mais lorsqu’il s’agit de la forme, l’inspiration semble être une simple veste de blazer, alors que le look 46 de la collection « Going clear » lui reprend les codes du Karakou avec la veste brodée sur les bords. Pareil pour le look 51, qui lui n’est inspiré par aucune archive et qui reprend les codes de la tenue, avec une veste fermée, cintrée, en velours, accompagnée de broderies en relief sur les bords de la veste et de boutons en fils noués. Sans parler du fait que le Karakou est une tenue qui existe depuis le XIXe, soit bien avant les créations d’Elsa Schiaparelli.

La ressemblance, accompagnée de l’absence de commentaire de la part du directeur artistique sur celle-ci, expliquent les accusations d’appropriation culturelle. En effet, la ligne entre appréciation culturelle et appropriation culturelle est fine. Lorsqu’une inspiration n’est pas reconnue par ceux qui l’utilisent, elle est alors appropriée par eux. Chose qui peut être problématique car elle tend à cacher la « source » au grand public. 

En résumé, même si Schiaparelli tente de justifier ses choix artistiques par une référence intérieure, les internautes, de par leurs critiques, tentent de faire survivre et connaître au grand public leur culture, ici la culture algérienne.
Chose qui rappelle le débat de janvier 2025 sur une robe Chanel de la collection printemps/été
2025 qui aurait été inspirée par la robe algérienne Naïli.

 

 

Look 51

Reprise du Karakou traditionnel par Samir Kerzabi, publication Instagram 15/11/23

Dgihan ZAIDI - 28/10/2026