Hors cadre

Une communication arrêtée dans le temps...

L’histoire secrète des affiches d’Aix. La présence d’affiches publicitaires sur les murs de la ville est comme un voyage de temps, une part du passé toujours présente parmi nous.

Se balader dans les rues aixoises. Prendre le temps d’observer, ce qui est normalement invisible. Entendre le clocher de la cathédrale Saint Sauveur sonner pour la première fois de la journée à sept heures et demi, puis à midi quand le marché est rempli. Se frayer un chemin entre les retraités qui font leur marché, et les touristes qui prennent leur temps. Et si nous faisions comme eux ? Se balader et ouvrir nos yeux. Notre périple débute en haut du cours Mirabeau, juste à côté de celui que l’on appelle ici Passage Agard. Levez la tête et vous découvrirez la Chapellerie du Cours Mirabeau, gros et détails. Vous apprendrez certainement avec étonnement qu’il s’agissait de la chapellerie du père de Paul Cézanne. Je vous parle bien ici du célèbre peintre aixois, qui a fait une partie de sa scolarité avec son ami Émile Zola au collège Mignet, à quelques mètres de là où vous vous trouvez, dans une rue parallèle au Cour Mirabeau, juste à côté du cinéma Cézanne (décidément, ils sont partout). Le même qui a peint la montagne Sainte Victoire pas moins de quatre-vingt fois. Même s’il s’agit toujours de la même montagne, aucune de ces peintures ne se ressemble. Chacune a son point de vue, et sa luminosité. Le père de Cézanne, né en 1798, était bien chapelier, et est devenu banquier en 1848. 

Photos des anciennes affiches sur le cours mirabeau

A présent, prenez le fameux passage Agard, qui lui aussi a une histoire. Il s’agissait au XIVème siècle du Couvent des Grands Carmes qui a été cédé, vendu, divisé et en partie détruit pendant la Révolution. Il est finalement tombé entre les mains de Félicien Agard qui pensait à la réalisation d’un passage reliant le Cours à l’actuelle place de Verdun. Des preuves de la présence de l’ancien couvent sont toujours existantes aujourd’hui, notamment à l’étage du Séphora où l’on peut encore voir des voûtes.

Vous arrivez là à la place que l’on appelle communément La place du palais de justice. Continuez votre balade en direction de la place de la mairie, et de sa tour de l’Horloge. Passez sous cette tour et levez la tête. A côté de vous passeront sûrement des étudiants de l’IEP qui se trouve à une centaine de mètres. Toujours pressés, en retard pour leur cours. N’y prêtez pas trop attention. Vous pourrez voir une magnifique affiche. Vous reconnaîtrez la réclame de la Société Générale des Cirages français.

Continuez votre chemin sur la rue Gaston de Saporta. A ce moment-là, la rue sent terriblement bon. Ce sont les madeleines de Christophe. Les madeleines les plus prisées de la ville (à tester absolument). Si jamais il y a trop de monde, ou s’il n’y a plus de madeleines en stock, je vous conseille de tester également les madeleines de la rue Espariat dont les saveurs varient régulièrement et qui sont excellentes.

Continuez à monter un petit peu, puis, lorsque vous voyez une petite ruelle sur votre droite, arrêtez-vous. Retournez vous et levez légèrement la tête. Vous verrez écrit en gros sur le mur BYRRH. BYRRH est une marque française de vin, qui vient des Pyrénées Orientales, déposée en 1873. Cette affiche avait certainement été affichée à cette période, mais il est difficile de trouver plus d’informations à ce sujet.

Enfin, pour terminer notre petite balade, je vous propose de retourner vers le Cours Mirabeau en passant par la Cour d’appel, prenez la rue Peyresc. Vous arriverez sur la place de Verdun où se trouve le palais de justice d’Aix. A ce moment-là, prenez à nouveau le passage Agard, que vous aviez pris plus tôt. Vous observez encore une fois les restes d’arches, et sentez à plein nez les odeurs dégagées par la fromagerie. Quand vous arrivez sur le Cours Mirabeau, tournez légèrement à droite. Vous verrez un des nombreux points de vente de la fameuse pizza aixoise née il y a maintenant quarante ans. Levez la tête à droite sur le mur du CIC. Vous verrez la dernière affiche de cette balade. Il semblerait qu’ici, siégeait une agence d’assurance compétente dans de nombreux domaines. On peut notamment lire: rentes viagères, donations d’enfants, accident, incendie, explosion…

A présent, vous pouvez reprendre votre route sur le Cours Mirabeau, et aller manger, si l’heure le permet, une planche de charcuterie ou de panisse au Grillon.

Clara Balique