Bref 2 : le retour de Kyan Khojandi
Samedi matin, lendemain de la Saint-Valentin, j’ai ouvert mon ordinateur et j’ai regardé la deuxième saison de Bref. Cinq heures plus tard, toujours assise dans la même position au fond de mon lit, j’avais pleuré deux fois, et ri bien plus de fois.
38 minutes. C’est le temps moyen d’un épisode de la saison 2, aux antipodes du format rapide d’une minute trente pour la première saison de “Bref” sortie il y a 15 ans et qui a depuis atteint le statut de série culte. Des épisodes plus longs, cela signifie un développement plus profond des personnages, des thèmes abordés plus matures et des relations plus complexes.
Pourtant, la transparence de Kyan Khojandi a travers son œuvre n’y est pas entachée.
On s'aperçoit à peine que le rôle est joué.
Le personnage principal, qui n’a (toujours) pas de nom, n’est pas illuminé par une solution miracle lorsque tout va mal, il n’y a pas toutes les portes qui s'ouvrent pour lui comme on peut le voir dans certains films qui nous jettent des étoiles plein les yeux. Dans Bref 2, l’authenticité prime. On est plongé dans le journal intime, les pensées les plus sombres, voire incohérentes de cet homme de 40 ans qui a beaucoup de mal à gouverner sa barque à travers la vie. Ce personnage, il n’a ni les clés à tous ses problèmes, ni de solution magique. Ce personnage, il apprend en même temps que le spectateur ce que c’est d’avancer aux travers les marrées, même lorsqu’on se bute face à des échecs. Même lorsqu’en fait, le problème, c’est nous.
Bref, c'est la meilleure série que j'ai vu depuis longtemps.
Jessica Heller