Cinéma & arts numériques

Un film poignant et réaliste

Depuis le début de la décennie, de multiples événements s’est imprégnée dans notre quotidien. Pour autant, une des catastrophes les plus marquantes de l’année 2020 commence à disparaître de nos conversations Cet événement, c’est celui de l’explosion du port de Beyrouth, au Liban, le 4 août 2020.

Un événement dévastateur…

Cette catastrophe, survenue après un incendie au port détruisant la moitié de la ville et qui a coûté la vie à plusieurs centaines d’habitants est, en effet, en train d’être ravagée, oubliée par le monde.

Cette situation, personne ne peut la raconter, sauf ceux qui ont vécu cela de plus près. Et c’est pour cela que le réalisateur Cyril Aris a pu le raconter, le filmer et le montrer. Ce nouveau quotidien, d’une ville surnommée “Le Paris du Liban” pourtant si calme devenant ainsi plus qu’un champ de ruine.

… raconté par les victimes

Danser sur un volcan parle de l’équipe de tournage de Mounia Akl, alors déjà sur le qui-vive pour réaliser Costa Brava, Lebanon, lorsque leur quotidien bascule dans la terreur et l’incompréhension à la suite de l'explosion du port de la capitale libanaise. Mounia se retrouve alors à choisir entre tout arrêter et sombrer dans la noirceur qui gagne le pays ou affronter le chaos et poursuivre le tournage du long-métrage.

Grâce au festival de cinéma “nouv.o.monde” organisé au Pays d’Aix, en partenariat avec amU, la maîtresse de conférences en études cinématographiques Caroline Renard nous a fait part de cette séance exceptionnelle de ce film. S’en est alors suivi une conférence entre les réalisateurs et les étudiants en cinéma de la faculté de lettres d’Aix-en-Provence.

J’ai, de cette manière, eu l’opportunité de visionner le long-métrage en exclusivité à la fac de lettres d’Aix-Marseille Université. Ce visionnage s’est succédé d’un échange en visioconférence entre les réalisateurs et les étudiants.
Le film a finalement eu un grand impact dans l’amphithéâtre. En effet, une partie du public a ressenti cet écho très saisissant sur la catastrophe de Beyrouth, alors que les médias télévisuels n’ont voulu en montrer qu’une infime partie aux téléspectateurs lorsque l’événement a eu lieu.


Interview entre Mounia Akl et Caroline Renard dans le cadre d’une conférence organisée par Aix-Marseille Université

Caroline Renard :

« La question [d’un étudiant dans la salle] porte sur le fait qu'effectivement on voit bien comment le fait de faire un film sur le cinéma montre que le cinéma doit croiser énormément de questions […] »

Mounia Alk :

« Quand un film se fait, c'est déjà un miracle. Il y a tellement de choses qui doivent fonctionner en termes de logistique, en termes d'énergie humaine, en termes de temps pour qu'un film se fasse. C'est juste que dans le contexte de Costa Brava, les obstacles sont multipliés par, je ne sais pas, 100. C'est quel obstacle on va réussir à éloigner de notre chemin et lequel on ne réussira pas […] »

C. R. :

« Est-ce qu'à partir du moment où la production a été lancée, vous étiez dans l'inquiétude qu’au tournage le film ne puisse pas aboutir, ne puisse pas aller jusqu'au bout ? »

M. A. :

« Est-ce que je me demandais si le tournage allait ne pas se passer ? Oui, bien sûr. En fait, chaque jour, il y avait cette peur et vu que Costa Brava, c'est devenu un peu ce qui nous donnait une raison de se lever chaque matin. La peur que le tournage ne se fasse pas était multiplié par 10. Donc oui, il y avait toujours cette inquiétude, mais au moment où on a commencé à tourner, on a tout oublié. »



Ce film, dont le choc est mis au premier plan, montre au spectateur une incompréhension totale. La peur d’une nouvelle explosion, le manque de moyens, l’inquiétude, illustrent un tout autre point de vue sur la situation libanaise. Et nous efforce à ne pas fermer les yeux sur les événements passés de Beyrouth. 

Fabio Quasevi
  

Montage de l'affiche du film, avec plusieurs images du film