Geoffroy Mathieu, un regard engagé sur Marseille
Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles (ENSP), Geoffroy Mathieu exerce le métier de photographe depuis plus de 30 ans. Mais dans une période de sa vie où les doutes s’installent, cela n’a pas toujours été une certitude. “Le hobby qui était la photographie et que j'avais pas lâché jusqu'à ce moment-là, a fini par s'imposer comme une solution professionnelle.” Avec cette formation comme point d’appui à une carrière en devenir, il apprend à maîtriser l’ensemble des techniques fondamentales à l’exercice de son art. Entre courants esthétiques élémentaires et sources d’inspirations exemplaires, l’art devient progressivement fonction majeure dans un environnement haut en couleurs.
Conscient du rôle qu’a joué l'École dans son insertion professionnelle, Geoffroy Mathieu s’appuie avant tout sur son talent et sa persévérance pour s’imposer dans ce milieu parfois intransigeant. Mais l’artiste rencontre également de nombreuses difficultés tout au long de son parcours. Précarité, faibles rémunérations ou budgets limités, le milieu de la photographie peine à se développer. Geoffroy Mathieu se montre réaliste face à cette réalité où les financements, publics ou privés, se raréfient. Il affirme que “des lieux tels que le centre photographique de Marseille par exemple, ont des gros problèmes”, et “ n’ont pas assez d'argent pour organiser plus d'un certain nombre d'expositions par an”. Face à une faible émergence de nouveaux artistes, ce dernier s’appuie sur le soutien public pour espérer faire vivre son art comme il se doit.
Geoffroy Mathieu a fait de Marseille sa ville de coeur. Mais au moment d’évoquer la place de l’art dans la cité phocéenne, le constat est sans appel. Pour lui, les propositions artistiques qu’offre la ville sont nombreuses, mais de nouveau, peu d’espaces lui sont exclusivement consacrés. Il nomme bien évidemment le Centre Photographique de Marseille ou la Galerie Zoème, mais cela reste bien trop peu au vu des nombreuses richesses artistiques que recouvre la ville. “Il y a quelques systèmes de subventions qui marchent, mais on va dire que globalement les structures qui montrent de la photographie ne sont pas très en forme.” Néanmoins, l’artiste tient à souligner la beauté d’une ville cosmopolite comme celle de Marseille. “Des grands arbres, des bouts de parcs, des choses comme ça”, c’est aussi simplement que Geoffroy Mathieu définit cette “richesse écologique assez particulière.” Mer, collines, ville, campagne, port ou usines, c’est l’histoire de la ville qui fait sa richesse. L’artiste s’inspire grandement de cette géographie singulière pour transmettre à travers ses oeuvres la passion qui l’anime.
A travers son projet Marseille, Ville Sauvage, c’est la nature qui reprend ses droits et qui s’impose au coeur d’une série de photographies à la fois riches et variées. La nature, mais surtout l’écologie. Geoffroy Mathieu affirme au fil des années son intérêt pour cette cause qui lui est chère. Ce qui n’était qu’un simple attrait pour les espaces délaissés est devenu le symbole d’une réflexion plus large sur la place qu’occupe la nature en ville. Avec Marseille, Ville Sauvage, l’artiste se surpasse et vient questionner la place de l’Homme dans une société où le respect pour l’environnement devient crucial. Geoffroy Mathieu montre ici que la photographie n’est pas seulement un art, mais aussi un outil de sensibilisation sur les causes majeures d’une société qui ne cesse de se renouveler.
L’artiste contribue beaucoup à la vie culturelle de sa région. Engagé dans plusieurs projets collaboratifs, Geoffroy Mathieu affirme clairement sa volonté d’inscrire son travail dans une démarche collective et transdisciplinaire. Selon lui, “c'est un moyen d'être en prise avec d'autres métiers, pas seulement la photographie et l'art mais aussi l'urbanisme, d'autres formes d'art, etc.” La culture occupe une place centrale dans la ville de Marseille et chaque événement lui permet de nourrir ses idées pour développer de nouveaux projets. Pour la photographie, et pour l’art dans sa globalité, Marseille restera toujours une terre sacrée.
Le travail de Geoffroy Mathieu est à retrouver sur son site : https://www.geoffroymathieu.com/
Jean-Maël Gabriel, Seïfan Benfiala et Mattéo Bié