Arts plastiques & arts appliqués

Jacques Filiu, une ville de Marseille calme mais passionnée

Nous rencontrons Jacques Filiu au sein d’une salle de classe, celui-ci est souriant et nous parle de la météo. Celui qui est né à Alger en 1947 et qui à rejoint la cité phocéenne en 1961 voit d’abord la photographie comme un passe temps qui ne s’impose comme une profession qu’à l'âge de la retraite.

Cette passion lui vient de son grand-père qui a combattu à la bataille des Dardanelles et qui avait “toute une collection des grandes revues d’illustrations de l'époque”. Ces livres ont été son premier rapport à l’image à l'âge de 6 ans. C’est à l'âge de 12 ans qu’il commence la photographie, d’abord très classique, avec les photos de famille qu’on montre le soir à l’aide de diapositives.

Photo de la plage des catalans

Son rapport actuel à la photographie née de ses relations amicales avec les membres de l’association FOCALE, puis des stages de photographie à Arles qui l’amènent au côté académique de la photographie avec les livres de grands photographes. Il devient ensuite ce photographe qu’il admirait avant, il participe à des concours, fait ses premières expositions et puis presque de manière inévitable il publie son livre Marseille précisément.

Ses influences photographiques sont Henri Cartier-Bresson et Lewis Baltz, mais aussi les films de Jean-Luc Godard. Des inspirations qui laissent une grande place à l’architecture, mais aussi au calme: “Il y a mon goût pour l'espace, pour le vide, pour les atmosphères”. Pour lui la photo doit se faire au ressenti, à l’émotion et c’est comme cela qu’on peut arriver à transmettre des émotions: “Ce qui compte pour moi c'est le lieu, les circonstances, l'atmosphère”.

Photo d'un navire militaire devant la cathédrale de la Major

C’est aussi un photographe emprunt de modestie qui a été plus que honoré d'être exposé à la bibliothèque nationale française et qui a réussi à lier un lien fort avec un photographe qu’il admirait Bernard Plossu. Il est de plus ouvert à la critique, qu’il trouve nécessaire pour s’améliorer. Pour réaliser ses photos, il se gare quelque part dans Marseille puis commence à marcher, déambuler dans les rues, dans les calanques pour trouver la photo parmi les centaines de déclenchements qu’il va réaliser lors de cette balade observatrice.

Son amour pour Marseille ne passe pas que par l’admiration des paysages mais aussi par une connaissance assidue de son histoire. Et justement il y participe à cette histoire, certaines de ses photos sont maintenant des archives, des témoignages d’un Marseille révolu: “L'objectif étant que toutes ces photos servent à quelque chose, à nos générations futures”. En effet on peut y voir le Stade Vélodrome en travaux mais aussi le port de la Joliette avant de devenir ce fameux quartier hyper technologique Euroméditerranée.

Enfin Marseille, c’est aussi une ville multiculturelle, passionnelle, unique qui en fait un lieu parfait pour les photographes curieux comme Jacques Filiu.

Seïfan Benfiala, Mattéo Bié et Jean-Maël Gabriel

Crédits photos | Jacques Filiu

Photo des plages du prado lors d'un rassemblement de cerfs-volants