L’atelier de Cancan, c’est aussi un concept qui attire un public varié, et même si certaines tendances se dégagent, les ateliers ne désemplissent pas. Si bien qu’avec le nombre de pièces peintes chaque semaine à stocker, l’espace commence à se faire un peu juste. Et même si le public est majoritairement féminin, on y croise aussi des hommes curieux, qui viennent découvrir l’activité entre amis, mais aussi des couples, et même des familles avec leurs enfants. Cette diversité contribue à l’ambiance du lieu où chacun trouve sa place, dans une atmosphère toujours calme et joyeuse. Et parmi eux se cachent des histoires émouvantes, comme cette participante fidèle qui chaque semaine réalise plusieurs céramiques personnalisées dans le but de confectionner un service complet à l'effigie des oiseaux pour sa maman.
“On a à peu près une vingtaine, trentaine de clients qui reviennent tous les mois ou tous les deux mois parce que vraiment, c'est leur petit moment.”
Ce qui rend l’expérience unique, c’est, bien évidemment, la personnalisation. Mais d’où viennent donc tous ces motifs ? Et bien, la réponse est plutôt simple, la plupart du temps : Pinterest. On y trouve un nombre considérable d'inspirations de tous les styles et de toutes les couleurs. L’activité est donc facilement accessible, et il n’y a pas besoin d’être très manuel ou très créatif. Ceci dit, il est intéressant de noter la différence notable dans les réalisations des filles et des garçons. D’un côté, nous avons les filles qui cherchent à produire une certaine esthétique en s’inspirant de design existants, et d’un autre côté, les garçons (qui viennent la plupart du temps avec leur petite amie) vont plutôt puiser dans leur imaginaire et dans leur couple.
“Mais à l'inverse, les garçons qui n'ont pas du tout [le réflexe Pinterest], eux, pour le coup, c'est vraiment leur imagination.”
Mais… patience, ça chauffe !
Derrière tout le processus de création et ces étagères pleines de céramiques colorées, se cachent, en coulisse, deux étapes brûlantes : la cuisson et l’émaillage des pièces. Dans l’atelier, les fours chauffent lentement les pièces façonnées avec soin. L’augmentation de la température, pour atteindre 1000°C, se fait sur plusieurs heures, mais le refroidissement des fours est encore plus long : il prend presque une journée entière !
“Généralement, quand on lance un four le vendredi soir par exemple, on l'ouvre le dimanche matin.”
Il faut donc s’armer d’un peu de patience avant de pouvoir récupérer son œuvre. Mais attention, le processus révèle parfois quelques surprises… Une fissure, invisible avant le passage au four, une bulle d’air cachée dans la matrice même de la pièce, ou bien un geste maladroit peuvent parfois survenir et briser l’harmonie. Cela fait malheureusement partie du jeu lorsque l’on manipule des objets aussi fragiles. Toutefois, aucune inquiétude à avoir ! Cela arrive rarement. Et les clients, dans ces cas-là, sont soit remboursés, soit invités à recommencer gratuitement !
Et donc, que deviennent les créations jamais réclamées ? Ces pièces représentent environ une vingtaine de céramiques par mois, restant ainsi orphelines, oubliées sur les étagères. L’équipe les garde alors quelques mois, dans l’espoir que son ou sa propriétaire, peut-être un peu distrait, vienne la récupérer. Si personne ne vient les chercher, les créations trouveront un nouveau foyer lors d’une brocante où l’argent récolté sera reversé à une association choisie avec soin.
“Les deux caisses du bas, c’est les pièces qui n'ont pas été récupérées le mois dernier. [...] on les accumule toutes jusqu'à vraiment avoir une belle collection. Et ensuite on fera une petite brocante. Et là, pour le coup, les bénéfices, on les reversera à une association.”