Une version puissante et positive du conte des Frères Grimm à la Criée.
Le conte, charmant, est connu de tous : une petite fille vêtue d’un manteau rouge doit se rendre auprès de sa grand-mère malade pour lui apporter une galette et un pot de beurre. En chemin elle traverse une forêt où se trouve un loup qui lui demande où elle se rend. Après lui avoir confié ingénument sa destination, le loup la précède, mange la grand-mère, prend sa place et mange la petite fille à son arrivée. Là s’arrête la version de Charles Perrault, dont la morale culpabilisa fâcheusement les jeunes filles.
Un récit initiatique subversif
Mais ce n’est pas sans compter sur le collectif Das Plateau, celui-ci s’empare de la version des frères Grimm et subvertit la fin en insérant le personnage du chasseur qui vient délivrer les deux femmes du ventre du loup. Le Petit Chaperon rouge place des pierres qui tueront le loup glouton lorsqu’il voudra faire ripaille.
La petite fille en sort plus forte. Un autre jour elle rencontre un autre loup non seulement elle ne l’écoute pas mais elle préparera avec sa grand-mère un combat dans lequel les deux femmes triompheront du loup : « Le Petit Chaperon Rouge revint donc joyeusement chez elle et personne ne l’importuna jamais plus ». Das Plateau tord le cou à la morale culpabilisatrice de la version de Perrault pour libérer la petite fille de l’ombre portée sur elle pour mettre au grand jour la dimension féministe de la version des frères Grimm, une belle gageure réussie.